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  • Photo du rédacteurSandra Rousseau

Prématurité: bébé et parents bouleversés

Dernière mise à jour : 6 mars






Une grossesse moyenne dure environ 40 semaines. Chaque semaine a sa fonction et sa couleur. La joie est l’émotion espérée, valorisée et exprimée lorsqu’il est question de grossesse et de naissance. L’arrivée prochaine d’un enfant dans une famille se veut, généralement, un moment de grand bonheur où la joie est présente.

Lorsqu’une grossesse se termine par une naissance prématurée cela signifie que des semaines de gestation se transforment en moment de parentalité. Celle-ci est bousculée et précipitée tant au plan émotif, sensoriel, qu’organisationnel.


Une « naissance catapultée » parole d’une maman.[1]


Est-ce qu’un tel bon dans ce type de parentalité entraine de la joie? Quelles sont les ressentis du corps et les émotions vécues par les parents?


Tout d’abord une petite mise en contexte sur les émotions. « Les émotions sont des réactions physiologiques. Leur fonction est la suivante : « adapter notre organisme face aux sollicitations de l’environnement » *[2] Les émotions de base sont les suivantes : peur, colère, joie, tristesse et dégout. Certains auteurs ajoutent la curiosité, la surprise et l’amour.

Les émotions sont intimement reliées aux sensations vécues dans notre corps. Elles sont toutes deux comme des grandes amies qui se comprennent sans vraiment se parler! Pour vulgariser, prenons l’exemple lorsque nous ressentons de la peur. Notre rythme cardiaque s’accélère, notre bouche devient sèche, nos mains deviennent moites, etc… Lorsque nous ressentons la tristesse, nos yeux se remplissent d’eau, nos épaules se voutent. La colère nous fait froncer les sourcils et serrer la mâchoire.


Lorsqu’un bébé arrive prématurément l’émotion prédominante n’est pas la joie. Tout d’abord, il y a le choc. Une mauvaise surprise. Tout s’arrête. Ça ne devait pas se passer comme ça! Le pilote automatique embarque. Comme si le scénario se jouait dans un monde parallèle. Les parents sont coupés de ce qu’ils ressentent et par moment surgit la tristesse et la colère. Des irruptions volcaniques imprévisibles et incontrôlables.

Ensuite la peur apparaît….la peur pour soi-même et pour le bébé. Par exemple, dans la salle d’opération ou d’accouchement la maman a froid, a la nausée, elle se sent faible, seule, vide. Les parents ont peurs des séquelles possibles pour le bébé et même de la mort de celui-ci.


  « Trop  d'inquiétudes, trop d'incertitudes, trop de nouveautés, trop de médical désordonné, pas assez de douceur.  Une spirale de perte de contrôle sans le cocon d'affection habituellement réservé aux nouvelles familles » * parole d’une maman.[3]


Comme l’anticipation permet la préparation, la plupart de parents impliqués dans l’arrivée prématurée de leur enfant ne sont pas prêts au sens propre comme au figuré. Bien au-delà du matériel manquant, que les dernières semaines de gestation auraient permis de se procurer, il y a plusieurs renoncements à faire.

·         Renoncement à une rencontre parents et bébé dès le premier souffle de celui-ci

·         Renoncement aux contacts physiques spontanés et prolongés avec son bébé

·         Renoncement à la normalité, à ce qui a été espéré, à ce qui est connu.

·         Renoncement aux visites des proches à la maternité ou à la maison.

·         Renoncement à exposer une situation heureuse sur les réseaux sociaux.

Le renoncement selon le dictionnaire Larousse est l’action de renoncer à quelque chose, de cesser de rechercher ce à quoi on tenait, de s’en détacher.


« Ce fut douloureux sur tous les plans ». Parole d’une maman.[4]

 

Les renoncements demandent du temps et du soutien.

 

En résumé le portrait d’une naissance prématurée se décrit par les mots suivants : Choc, tristesse, colère, peur et renoncements

Considérant cette tempête émotionnelle et organisationnelle, une présence chaleureuse, sensible, accueillante est nécessaire auprès des parents pour les aider à ressentir et sortir de l’état de choc. Ils peuvent pleurer, crier, taper du pied, sangloter, peu importe la manière. En d’autres mots, exprimer ce qu’il faut pour passer de l’état de choc au mouvement.

Pour offrir cela, il faut une oreille attentive, des bras ouverts, un rythme cardiaque lent, un regard doux, un repas chaud et une respiration calme de la part des proches. C’est simple et accessible et alors pourquoi ne pas leur offrir. Laisser vos conseils de côté. Soyez présents physiquement.

Offrir cela aux parents c’est prendre également soins du bébé.

 

 

Sandra Rousseau

Travailleuse sociale

ROUS9306290TS

 

 


[1] Parole de Roxanne qui m’a inspiré ce texte. Cette maman est bien spéciale pour moi car je suis la sienne.

[2] Isabelle Filliozat . Que se passe-t-il en moi. Page 10 et 50. 2001. Édition Jean Claude Lattès

[3] Idem citation 1

[4] Idem citation 1

1 commentaire

1 Comment


champoux71
Mar 06

WoW Sandra! Un texte qui me touche, qui décrit bien le choc, cette naissance au bonheur volé comme nous l’avons vécu il y a tout juste un an.

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